Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...
A la cérémonie des Césars 2005, n'ayant pas vu ce film, et ayant adoré "De battre mon coeur s'est arrêté", je trouvais injuste que Romain Duris ne soit pas récompensé... Après avoir vu Michel Bouquet dans le rôle de Mitterrand, cette récompense me semble désormais pleinement justifiée. Pas follement emballée par le projet du film (raconter les derniers mois du Président par la voix d'un jeune journaliste "recruté" pour recueillir au quotidien les souvenirs et réflexions du vieil homme), et après les cinq premières minutes où j'ai bien cru ne pas "tenir", je suis d'un coup rentrée dans le récit. Au-delà du personnage de Mitterrand et de ses ambiguités (traitées avec honnêteté par Guédiguian), j'ai surtout été sensible à sa lucidité. Bouquet est troublant et étonnant : il est Mitterrand, et en même temps il lui donne une universalité qui dégage le film d'un contexte politique bien situé dans le temps, pour aboutir à une superbe réflexion sur la mort qui approche et qu'il faut apprivoiser. Guédiguian a réussi son pari, pourtant intenable sur le papier : faire un film sur Mitterrand, à la fois respectueux de l'homme mourant et sans concession sur les zones d'ombre de l'animal politique qu'il fut. Mitterrand, contre toute attente diront certains, savait toucher les ouvriers et le peuple, et cela le communiste qu'est Guédiguian a l'élégance de le reconnaître, dans une des scènes les plus fortes du film. Il filme le discours du Président aux ouvriers d'une usine minière, où l'on commémore un accident qui a coûté la vie à des dizaines de mineurs. Les gros plans sur les visages bouleversés et pleins de dignité des mineurs, la force et la sincérité du discours de Mitterrand, tout le talent de Guédiguian s'exprime dans ces plans. Cette faculté réelle de Mitterrand, qui m'a toujours un peu étonnée, qui la possède aujourd'hui...?
Isa
Commentaires
Marie-Danièle