👍 Bibliosurf a distingué cette critique On connaît tous le célèbre aphorisme de Montaigne : « les voyages forment la jeunesse » consigné dans ses Essais . Eh bien, chez Joyce Maynard c’est tout le contraire. Ici, le voyage entrepris par deux de ses protagonistes ne forme personne et va plutôt aboutir à l’irréparable. Inspiré d’un fait divers qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2021, L’influenceuse raconte l’histoire de deux jeunes gens, Kevin et Tammy, qui décident de scénariser sur Instagram leur road trip à travers le pays, road trip au terme duquel Kevin va finir par tuer Tammy. Je ne dévoile rien puisque le roman débute précisément sur cette fin tragique. Et tout le but du jeu, c’est de reprendre les faits à rebours, de tirer le fil de la pelote pour mieux comprendre les mécanismes qui ont conduit à cette issue fatale. Pour cela Maynard donne la parole à chacun des personnages de l’histoire (sauf Tammy, je reviendrai plus tard sur cet aspect...

« Chacun de nous a sa propre Jane Austen » : dès cette 1ère phrase du roman, Karen Joy Fowler vous lance sur les traces de la célèbre romancière britannique, avec six de ses admirateurs, dans la Californie d’aujourd’hui. Ce groupe se réunit une fois par mois chez l’un de ses membres pour discuter de l’œuvre de Jane Austen. Les séances du club sont l’occasion de découvrir chacun des protagonistes – des gens ordinaires, ni heureux ni malheureux, avec leurs blessures intimes et leurs complexes -. Tout au long de leurs rencontres, des mariages sont mis à l’épreuve, des intrigues se nouent, des désaccords s’aplanissent, et comme sous la houlette de leur écrivain(e) favori(te), certains trouvent l’amour… Cette chronique sentimentale devient, sous la plume experte de Karen Joy Fowler, une comédie délicieuse, pétillante et tendre. Pour l’apprécier, nul besoin d’avoir lu le moindre titre de la grande dame des lettres anglaises ; par contre, sachez qu’après cette lecture, vous risquez fort de partir, vous aussi, à la recherche de votre propre Jane Austen…
Paru chez Quai Voltaire en octobre 2005
Framboaz
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