Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...

Vous vous souvenez peut-être de cette affaire de pédophilie, en 2001, mettant en cause un instituteur de CP dans un village normand. Il « oeuvrait »depuis des années dans un silence coupable : hiérarchie, entourage, familles… Jusqu’à ce qu'un écrivain nouvellement installé dans le village avec sa femme et ses deux enfants, Jean-Yves Cendrey, prenne le taureau par les cornes et ne fasse éclater l’affaire. Au terme d'une enquête personnelle accomplie dans la rage, Cendrey ira lui-même chercher l’instituteur un matin, devant l’école, pour l’emmener à la police. Audace payante pour l'un, sentiment hallucinant d’impunité pour l'autre : l’instituteur le suivra sans résistance. Le procès verra l’enseignant condamné, mais Jean-Yves Cendrey obligé de déménager, certains n’ayant pas pardonné l’intrusion d’un étranger dans les affaires du village.
Le livre est tout sauf un témoignage au sens télévisuel ou « Fixot » du terme. C’est un véritable objet littéraire, qui s’ouvre par une « lettre au père » (Cendrey a été un enfant maltraité) d’une grande virtuosité et d’une grande émotion. Il relate ensuite dans le détail les différentes étapes de l’affaire, en introduisant la distance nécessaire par un artifice littéraire que je vous laisse découvrir, écrivant ainsi la chronique d’un village ordinaire, de ses mesquineries et de ses peurs. Un livre dérangeant mais sans complaisance sur un sujet délicat.
Le livre est tout sauf un témoignage au sens télévisuel ou « Fixot » du terme. C’est un véritable objet littéraire, qui s’ouvre par une « lettre au père » (Cendrey a été un enfant maltraité) d’une grande virtuosité et d’une grande émotion. Il relate ensuite dans le détail les différentes étapes de l’affaire, en introduisant la distance nécessaire par un artifice littéraire que je vous laisse découvrir, écrivant ainsi la chronique d’un village ordinaire, de ses mesquineries et de ses peurs. Un livre dérangeant mais sans complaisance sur un sujet délicat.
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