Accéder au contenu principal

"Tout mais pas Beyrouth", roman graphique de DIEZ et JIBÉ

Dans la foulée de Guy Delisle ou de Nicolas Wild (ah, l’excellent Kaboul Disco  !!!), Mathieu Diez et Jibé signent un roman graphique aussi passionnant qu’émouvant. En 2022, Mathieu Diez décroche un poste d’« attaché pour le livre et le débat d’idées » à l’ambassade de France à Beyrouth (pile l’endroit où sa mère ne voulait pas le voir partir, d’où le titre). Il y restera jusqu’en 2025 et Tout mais pas Beyrouth est la chronique de son quotidien au Liban durant 3 ans. Rien n’y manque : ni la nécessaire et fort pédagogique introduction à l’histoire complexe de ce petit pays, ni la description de la vie et du travail dans la diplomatie à l’étranger, ni les éléments de découverte de cette terre et de son peuple, si attachants. Et bien sûr, la guerre s’invite dans ce qui aurait pu être un récit de voyage bien documenté et agréable à lire. Pour ma part, j’ai été effarée par le passage consacré au stage « Départ en poste sensible », dont le but est de prépa...

"J'apprends" de Brigitte GIRAUD


« J’apprends » est le monologue intérieur de Nadia que l’on va suivre depuis son entrée au CP jusqu’au collège. Elle nous décrit sa vie quotidienne en banlieue. On devine son histoire qui se dessine sur fond de guerre d’Algérie à une époque où le sujet est tabou aussi bien à la maison qu’à l’école. Dans sa famille il y a les non-dits et les vides de son passé ; on répond ‘’tu comprendras plus tard’’ à ses questions difficiles.
Pour cette fillette très studieuse le monde de l’école est rassurant par ses affirmations, ses règles et ses préceptes. Ces années d’apprentissage nous plongent dans un monde de papier crépon, de feutrine, de colle à papier, de crayons bien taillés, de peinture à l’eau…. L’auteur s’arrête sur des détails apparemment très simples comme la concentration nécessaire à cette petite fille qui apprend à écrire pour allonger la boucle du F ; à sa fascination pour l’énumération des curiosités de la fin de l’alphabet WXYZ. Plus loin dans les classes primaires, elle nous remémore les tables de multiplication imprimées au dos des cahiers avec la table du 5, la plus facile, celle que l’on connaît tout de suite par cœur.Ce roman, c’est aussi un descriptif des années 70 : les débuts de la TV, les émissions du samedi soir, le suicide de Mike Brant, Salut les copains…
J’ai été très touchée par ce récit ; sans doute parce qu’il correspond à peu de choses près à la description des années 70 dans lesquelles j’ai grandi et qu’il m’a permis de remonter très loin dans ma mémoire d’écolière. Mais, génération 70 ou pas, ce livre décrit de manière atemporelle une personnalité en construction avec une minutie et une justesse rares.A mon avis sa force c’est de nous plonger littéralement et sans mièvrerie dans le monde de l’enfance et de l’adolescence.
MO

Commentaires

Kesketalu a dit…
Voilà effectivement un très beau récit.Il m'a renvoyée aussi à mon enfance et à cette extraordinaire aventure d'apprendre à lire. Au-delà de la nostalgie (bien que ce soit aussi très agréable), beaucoup de profondeur et de justesse dans "J'apprends".