[Lecture en cours : le principe, donner ses premières impressions sur un livre qu'on commence à lire. Il aura droit, sauf exception, à sa critique complète et c'est intéressant de confronter son sentiment initial à celui qu'on éprouve à la dernière page]. Attention roulement de tambour.... plus de 1 000 pages, 1 039 exactement pour ce roman qui s'annonce puissant sur la catastrophe annoncée du dérèglement climatique. A 10% de lecture, on est encore en tour de chauffe (si je puis dire...), avec des chapitres alternés introduisant chacun un personnage, et je ne sais pas si je suis au bout des présentations ! En tout cas, j'aime ce genre de structure romanesque, courante chez les auteurs américains, et Stephen Markley a l'air de maîtriser le procédé. Je ne sais pas de quelle manière vont s'imbriquer les histoires de Tony, le spécialiste des questions de climat, Ashir le geek génie de l'analyse prédictive, Shane, qu'on devine activiste écolo, Keepe...
On entre lentement dans ce livre très court, un peu désarçonné par une langue simple en apparence mais pas si facile à lire. Après un préambule fantasmagorique en forme de conte, on suit d'abord à distance dans les premières pages le road movie de Frank Money, le mal nommé, ce noir revenu abîmé et alcoolique de la Guerre de Corée, et qui rejoint péniblement sa Georgie natale après s'être enfui d'un asile pour rejoindre sa soeur qui est malade et qu'il a toujours protégée. Malade, la naïve Cee l'est à cause de la cruauté d'un homme, on l'apprendra plus tard après un flash back sur le destin de la famille de Frank et Cee qui nous fait définitivement entrer dans le récit. Etre noir dans les années 50 dans le sud des Etats-Unis... on a lu beaucoup là-dessus, mais l'immense Toni Morrison, prix Nobel de littérature, arrive encore à et toujours à écrire sur ce sujet avec profondeur et nouveauté. Un immense respect enveloppe ses personnages, et en particuli...