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Sandra Hüller, actrice inconfortable

Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction.  Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante.  Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade  pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...

L'homme qui savait la langue des serpents de Andrus KIVIRAHK

Dans un moyen âge totalement fantaisiste, au Nord de l’Europe (en Estonie pour être exact), les quelques hommes de la forêt qui savent encore la langue des serpents (les « bons sauvages ») sont en voie de disparition et menacés par les hommes de fer (les guerriers), les moines  et les villageois qui ne jurent que par l’agriculture et le progrès. La grande Salamandre ailée, qui veillait sur leur civilisation, s’est endormie il y a des siècles dans un endroit connu d’elle seule, et il faudrait la réveiller pour sauver la tradition d’un progrès envahissant.
Leemet, jeune garçon et dernier pratiquant de la langue des serpents la plus pure se sent investi de cette mission, tout en étant irrésistiblement attiré par le village (et ses villageoises)… 
L’auteur, au travers de cette quête concocte une parodie d’héroïc fantasy, où l’on trouve des femmes amoureuses d’ours libidineux, des serpents qui invitent les hommes à hiberner dans leur terrier, ou des australopithèques éleveurs de poux domestiques géants. Inutile de dire que l’imagination et l’humour, l’ironie en particulier sont au rendez-vous….Et pourtant…Le message délivré par cette fable semble bien pessimiste. Mais n’en disons pas plus : il faut ABSOLUMENT lire « l’homme qui savait la langue des serpents ».
 Cath
 

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