Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

François Begaudeau nous livre ici un récit (apparemment) autobiographique, écrit à la première personne. Nous sommes en 1986, le narrateur part en vacances avec ses parents, en Vendée comme tous les ans depuis qu’il est enfant. Mais cette année, à 15 ans, il est bien déterminé à franchir LE pas et à perdre son pucelage. Il retrouve là-bas toute sa bande de copains, ils ont tous un an de plus et à cet âge là, un an, ça compte énormément. Il y a Joe, le tombeur, Paul le simplet, Greg qui met un point d’honneur à se prendre des râteaux comme ils disent auprès des filles.François le narrateur attend donc avec impatience Emilie, son amour de l’été passé, mais d’autres filles lui tournent la tête, et surtout la belle Julie, comme tombée du ciel dans son auto-tamponneuse…
Un énième livre sur l’adolescence ? Un livre de plus sur les années 80 ? Sans doute mais c’est sans compter avec le talent de François Begaudeau. Son écriture rapide, nerveuse, épouse l’impatience de ses jeunes personnages. Et sous l’anecdote et le chromo de l’ été 86 transparaît toute la profondeur et les interrogations du narrateur, le jeune François lui-même. Ses convictions politiques sont déjà bien ancrées (il est communiste), son goût pour les langues et la littérature commence à être décalé par rapport à ses copains livreurs de journaux ou déscolarisés. C’est encore un âge où tout ça n’a pas d’importance, parce que ce que François veut à tout prix c’est être dans le sillage de Joe, l’homme fort du groupe, celui qui couche avec des filles, travaille et a toujours l’attitude qu’il faut. François lui se pose plein de questions et ça ne le sert pas avec les filles, du moins en est-il persuadé. Il dit de lui-même : « j’ai commencé les pensées de Pascal, je suis communiste et je rougis quand une fille dit jouir » ce qui le résume assez bien.
L’été dans la région de la Faute sur mer, c’est aussi la confrontation d’un jeune urbain (François vit à Nantes) avec les rudesses de la vie rurale où les drames de chacun sont connus de tous : le paysage des vacances est aussi le lieu de bien des histoires terribles, racontées en passant : un virage dangereux est baptisé du nom de celle qui s’est jetée sous les roues d’une voiture par désespoir amoureux, ailleurs dans une grange subsiste le souvenir d’un homme qui s’est pendu.
Le point de bascule du roman est la soirée du bal du 14 juillet, une mécanique implacable va infliger à François la blessure, la vraie, celle du titre, et le récit se termine sur une tonalité très différente du début, étrange et quasi onirique.
Begaudeau connaît bien le sujet de la jeunesse, lui qui a écrit « Entre les murs » mais aussi l’essai « L’invention de la jeunesse » avec Joy Sorman en 2010. Son roman est très drôle, les dialogues sont plus vrais que nature et il est truffé de références eighties que la quadra que je suis a apprécié. Mais il est surtout habité, comme son héros, d’un sentiment d’urgence et traversé de prémonitions, comme celle qui fait dire à François qu’un jour les paysages de l’Aiguillon et la Faute seraient recouverts par les eaux…
Un énième livre sur l’adolescence ? Un livre de plus sur les années 80 ? Sans doute mais c’est sans compter avec le talent de François Begaudeau. Son écriture rapide, nerveuse, épouse l’impatience de ses jeunes personnages. Et sous l’anecdote et le chromo de l’ été 86 transparaît toute la profondeur et les interrogations du narrateur, le jeune François lui-même. Ses convictions politiques sont déjà bien ancrées (il est communiste), son goût pour les langues et la littérature commence à être décalé par rapport à ses copains livreurs de journaux ou déscolarisés. C’est encore un âge où tout ça n’a pas d’importance, parce que ce que François veut à tout prix c’est être dans le sillage de Joe, l’homme fort du groupe, celui qui couche avec des filles, travaille et a toujours l’attitude qu’il faut. François lui se pose plein de questions et ça ne le sert pas avec les filles, du moins en est-il persuadé. Il dit de lui-même : « j’ai commencé les pensées de Pascal, je suis communiste et je rougis quand une fille dit jouir » ce qui le résume assez bien.
L’été dans la région de la Faute sur mer, c’est aussi la confrontation d’un jeune urbain (François vit à Nantes) avec les rudesses de la vie rurale où les drames de chacun sont connus de tous : le paysage des vacances est aussi le lieu de bien des histoires terribles, racontées en passant : un virage dangereux est baptisé du nom de celle qui s’est jetée sous les roues d’une voiture par désespoir amoureux, ailleurs dans une grange subsiste le souvenir d’un homme qui s’est pendu.
Le point de bascule du roman est la soirée du bal du 14 juillet, une mécanique implacable va infliger à François la blessure, la vraie, celle du titre, et le récit se termine sur une tonalité très différente du début, étrange et quasi onirique.
Begaudeau connaît bien le sujet de la jeunesse, lui qui a écrit « Entre les murs » mais aussi l’essai « L’invention de la jeunesse » avec Joy Sorman en 2010. Son roman est très drôle, les dialogues sont plus vrais que nature et il est truffé de références eighties que la quadra que je suis a apprécié. Mais il est surtout habité, comme son héros, d’un sentiment d’urgence et traversé de prémonitions, comme celle qui fait dire à François qu’un jour les paysages de l’Aiguillon et la Faute seraient recouverts par les eaux…
IsaH
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