Hasard du calendrier ou concomitance du festival de Cannes, j'ai rattrapé en deux jours à la télévision deux films primés en 2023 (oui j'ai honte) : La zone d'intérêt de Jonathan Glazer (Grand Prix) et Anatomie d'une chute de Justine Triet (Palme d'or). Deux films d'une rugosité certaine, et pour l'exprimer, une actrice "inconfortable" et charismatique, Sandra Hüller : un jeu entre dépouillement et intensité, un physique intrigant, presque dérangeant, cette actrice de théâtre crève l'écran dans les deux films, tout en étant hors champ de la séduction. Voir ces deux films l'un après l'autre en quelques heures est une expérience intéressante. Tous les deux commencent par des scènes du quotidien, vides d'action : un retour de baignade pour une grande famille, un garçon qui promène son chien dans la neige, et bien sûr, au fur et à mesure du visionnage, ces scènes d'exposition un peu trop ...

Huis clos entre Fanny, sage femme s’enfonçant dans la surdité et Louis, pianiste. Rencontre de deux êtres meurtris par un handicap autour d’une naissance. Fanny accouche la belle soeur de Louis, le jour de l’enterrement du père de l’enfant et frère de Louis : première scène poignante de ce roman. Avant de devenir complètement sourde, Fanny a un voeu : apprendre à jouer du piano. C’est ainsi que tous les jeudis, ces deux personnages vont se retrouver face au piano, dans la maison mystérieuse de Louis.
Ce roman est un murmure au creux de votre oreille, où tout n’est que suggéré... Ecriture subtile et tendre comme un baiser dans la nuque... On est suspendu à ces personnages, sur le fil... on guette la chute...
Roman fort et délicieux... Un vrai moment de délicatesse et de tendresse.
Charlotte
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