Artemisia, c’est Artemisia Gentileschi, peintre italienne remise à l’honneur par une grande exposition au Musée Jacquemart-André en 2025 et... par les féministes. Artémisia, née en 1593 à Rome, fille d’un peintre talentueux et très tôt orpheline de mère, révèle dès son enfance un don remarquable pour la peinture. A une époque où les femmes artistes sont plus que rares, à peine une exception, (elles ne sont même pas autorisées à acheter des pigments et des couleurs elles-mêmes) son père, qui ne vit que par et pour l’art, l’encourage à cultiver son talent. Il lui donne pour professeur de perspective un certain Agostino Tassi….. Le reste, bien connu, est entré dans la légende : les viols répétés par Tassi, ses mensonges, et la lecture des œuvres majeures d’Artemisia comme autant de scènes de vengeance (en particulier les variations autour de Judith décapitant Holopherne). L’album réalisé par Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin va beaucoup plus loin que cette image un peu réductrice qu’...

Huis clos entre Fanny, sage femme s’enfonçant dans la surdité et Louis, pianiste. Rencontre de deux êtres meurtris par un handicap autour d’une naissance. Fanny accouche la belle soeur de Louis, le jour de l’enterrement du père de l’enfant et frère de Louis : première scène poignante de ce roman. Avant de devenir complètement sourde, Fanny a un voeu : apprendre à jouer du piano. C’est ainsi que tous les jeudis, ces deux personnages vont se retrouver face au piano, dans la maison mystérieuse de Louis.
Ce roman est un murmure au creux de votre oreille, où tout n’est que suggéré... Ecriture subtile et tendre comme un baiser dans la nuque... On est suspendu à ces personnages, sur le fil... on guette la chute...
Roman fort et délicieux... Un vrai moment de délicatesse et de tendresse.
Charlotte
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